Publié le 09-04-2021

Crise politique et économique, les négociations avec le FMI s’annoncent difficiles

La Tunisie se prépare, dès la mi-avril, à entamer de nouvelles négociations avec le Fonds monétaire international pour obtenir un nouveau prêt, à un moment où les experts tunisiens s'attendent à ce que ces négociations soient "difficiles et avec des résultats peu sûrs".



 Crise politique et économique, les négociations avec le FMI s’annoncent difficiles

En avril 2016, le Conseil du Fonds a approuvé un prêt de 2,8 milliards de dollars à la Tunisie pour une période de 4 ans, mais elle n'a reçu que 1,6 milliard de dollars, en raison de l'incapacité du gouvernement à mettre en œuvre un ensemble de réformes structurelles en échange du prêt.

Pour le pays en voie de développement, le fonds impose généralement des conditions dans le cadre des «réformes économiques, financières et monétaires», en échange du déblocage des prêts demandés par ces pays. Par la suite, il débourse des segments de prêts, sur la base des réformes effectivement réalisées.

Le consultant en investissement et porte-parole du parti Cœur de Tunisie, Mohamed Sadok Jebnoun, a déclaré: "On s'attend à des difficultés pour négocier avec le Fonds monétaire international, ce qui nécessite un engagement strict et précis de toutes les parties".

Jabnoun a expliqué que la négociation aujourd'hui ne se fait pas seulement avec le gouvernement tunisien, mais aussi avec les organisations nationales (le syndicat, l'Organisation des douanes et l'Union paysanne), et aussi avec la présidence de la République.

Il a souligné que "le FMI demande la mise en place d'un climat politique pour améliorer la situation économique, ainsi que l'accélération du processus de vaccination contre le Corona, qui est devenue une composante économique en plus de la composante santé".

Et parce que l'économie tunisienne traverse de mauvaises conditions, l'expert a déclaré: "Les prochaines négociations, qui auront lieu le 15 avril, seront les plus difficiles, et les résultats ne sont pas garantis".

Le 26 février, le FMI a appelé les autorités tunisiennes à réduire la masse salariale (représentant 17,6% du PIB), à réduire les subventions à l'énergie et à donner la priorité aux dépenses dans les secteurs de la santé, de l'investissement et de la protection sociale.

L'économie tunisienne s'est contractée de 8,8% l'an dernier, et le FMI s'attend à une croissance positive de 3,1% cette année.

"La Tunisie est tenue de présenter un stratégie économique, social et politique, qui contient une feuille de route claire vers la stabilité politique, la modification de la situation sociale et la sortie de la crise économique", a souligné Jabnoun.

En cas d'échec des négociations avec le Fonds monétaire international, "le pays se trouvera dans une situation similaire à la situation libanaise", selon l'expert.

Il a ajouté: «Il y a un problème de financement du déficit budgétaire, qui a atteint 7,3% du PIB, et aussi les difficiles répercussions sociales que nous constatons aujourd'hui à la suite du virus Corona ... Avec tous ces problèmes, il n'y a pas signes de leur soulagement. "