Publié le 04-09-2019

Nucléaire, l'Iran va encore réduire ses engagements

L'Iran va annoncer "aujourd'hui ou demain" une nouvelle réduction de ses engagements pris devant la communauté internationale en matière nucléaire, sans même attendre le résultat d'efforts diplomatiques destinés à lui apporter un répit financier face aux sanctions américaines.



Nucléaire, l'Iran va encore réduire ses engagements

Jugeant que cette initiative avait peu de chance d'aboutir avant la date butoir fixée par Téhéran, Rohani a déclaré en conseil des ministres que les "détails" de la "troisième phase" de la stratégie iranienne de réduction de ces engagements seraient annoncés mercredi ou jeudi.

Cette nouvelle phase sera "extrêmement importante" et ses effets seront "remarquables", a-t-il dit sans plus de précisions.

Le 7 juillet, Téhéran avait donné "60 jours", soit jusqu'au 5 septembre, aux Etats parties à l'accord international sur le nucléaire iranien pour l'aider à contourner les sanctions américaines qui paralysent son économie, sous peine de le voir s'affranchir encore davantage de certaines de ses obligations.

Conclu à Vienne en juillet 2015, cet accord est menacé de voler en éclats depuis que les Etats-Unis s'en sont retirés unilatéralement en mai 2018.

Depuis lors, le gouvernement de Donald Trump mène une campagne de "pression maximale" contre Téhéran, rétablissant en août 2018 des sanctions économiques que Washington ne cesse d'intensifier.

La tension entre les deux pays - qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980 et dont les dirigeants se vouent mutuellement aux gémonies - a failli tourner à l'affrontement militaire direct en juin.

Elle reste très forte dans le Golfe, où les Etats-Unis entretiennent une importante présence militaire alors que l'Iran se pose en gardien historique et naturel de ce bras de mer hautement stratégique pour l'approvisionnement mondial en pétrole.

L'accord de Vienne a offert à l'Iran la levée d'une partie des sanctions internationales qui l'isolaient depuis des années en échange d'une limitation drastique de son programme nucléaire destinée à rendre impossible l’acquisition de l'arme atomique par Téhéran.

Le retour des sanctions américaines a plongé l'économie iranienne dans une violente récession et prive Téhéran des retombées attendues de l'accord, conclu avec le groupe dit 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) et validé par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Selon Téhéran, le désengagement progressif décidé par l'Iran sur certains points de l'accord, n'a d'autre but que de forcer les autres parties à respecter pleinement leurs engagements.


AFP