2026-04-14 نشرت في
Tunisie : lancement progressif du recrutement des diplômés sans emploi sur trois ans
Le spécialiste en droit du travail et de la sécurité sociale Hafedh Amouri a confirmé que le décret-loi n°18 de 2025, relatif au recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage prolongé, sera appliqué à partir de l’année 2026.

Il a souligné que le retard enregistré est dû à des complexités organisationnelles et procédurales nécessaires pour garantir l’équité.
Un message rassurant du Président de la République
Cette mise au point intervient dans le cadre des déclarations de Kaïs Saïed, qui a affirmé, lors de sa rencontre avec des diplômés chômeurs, que l’État œuvre actuellement à l’élaboration des textes réglementaires afin de concrétiser leur droit à l’emploi, tout en réitérant son engagement à tenir ses promesses.
Décret-loi n°18 : des critères précis de recrutement
Selon Amouri, le texte prévoit plusieurs critères fondamentaux, notamment :
-La priorité aux personnes âgées de plus de 40 ans
Plus de 10 ans depuis l’obtention du diplôme
-La prise en compte de la situation sociale
-Le recrutement d’un seul membre par famille (sans condition d’âge)
Il a également précisé que l’opération repose sur une plateforme numérique dédiée à la collecte des données des candidats.
Classification des candidats : un processus complexe
L’expert a expliqué que la phase actuelle consiste à collecter et classer les données des inscrits, un processus qui nécessite du temps en raison de plusieurs facteurs :
-Le nombre élevé de candidats inscrits
-Le classement selon l’âge, le diplôme et la spécialité
-La prise en compte des سنواتde chômage
-Le croisement des données fiscales et bancaires, notamment pour les personnes ayant un crédit supérieur à 40 000 dinars
Cette étape vise à déterminer le nombre réel des bénéficiaires avant le lancement effectif des recrutements.
Des recrutements étalés sur trois ans
Amouri a indiqué que les recrutements ne seront pas effectués en une seule fois, mais :
-Répartis sur trois ans
-Déterminés selon les données collectées
-Conditionnés par les capacités financières de l’État
Rôle des institutions publiques dans l’identification des besoins
Le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi œuvre à :
-Solliciter les ministères et المؤسساتpubliques
-Identifier les postes vacants selon les spécialités
-Répartir les candidats en fonction des besoins de chaque secteur
Pas de blocage juridique, mais un besoin de vérification
L’expert a écarté l’existence d’obstacles juridiques, affirmant que :
« La démarche nécessite du temps afin de garantir que le dispositif profite aux véritables bénéficiaires et de limiter les recours »
Il a insisté sur l’importance de la vérification des données pour assurer transparence et équité.
Absence de couverture sociale pour les chômeurs
Sur un autre plan, Amouri a précisé que :
-Les chômeurs ne bénéficient pas directement d’une couverture sociale en Tunisie
-Cette couverture n’est possible que via le conjoint actif
Le secteur privé, solution incontournable ?
L’expert a estimé que le secteur privé constitue le principal moteur de l’emploi, appelant à :
-Encourager l’investissement local et étranger
-Alléger les procédures administratives
-Changer la perception des diplômés qui privilégient le secteur public
Il a révélé que le nombre de diplômés chômeurs en Tunisie dépasse 150 000 personnes.
Appel à la patience
En conclusion, Amouri a appelé les concernés à :
-Faire preuve de patience
-Faire confiance à l’engagement de l’État
-Accorder le temps nécessaire pour garantir une application juste et équitable du dispositif
