Publié le 02-05-2016

Discours haineux, humour douteux, quand facebook devient la plateforme de tous les dépassements

Est-ce que l’humour a des limites ? Difficile de répondre à cette question quand on pense à la liberté d’expression ou de création, mais quand il s’agit de valeurs comme le respect de la dignité et de l’intégrité d’autrui… la réponse devient un peu plus claire.



Discours haineux, humour douteux, quand facebook devient la plateforme de tous les dépassements

Les humoristes, les caricaturistes, les spécialistes de la satire et tous ceux qui usent de l’humour pour s’exprimer respectent généralement une certaine éthique, car toute liberté a des droits concurrents et les violer peut relever de l’infraction.

Mais, il y a quelques temps, une nouvelle catégorie de « comiques » a vu le jour avec la naissance des réseaux sociaux. Tout comme ces derniers ont donné naissance au journalisme citoyen qui déborde et ne respecte pas forcément les règles de l’éthique et de la déontologie journalistique, ces humoristes de fortune ne s’en tiennent pas non plus à des règles.

Alors, on en voit tous les jours de toutes les couleurs… un humour agressif, qui ne s’éloigne parfois pas de la violence verbale et n’hésite pas à stigmatiser plusieurs catégories de personnes : les femmes, les noirs, les homosexuels, les personnes en surpoids… tout est bon pour collecter les « likes » et se mettre en valeur… même aux dépens des autres.

Et même s’il s’agit de faire dans la médiocrité, du moment que ça fait rire quelques uns.

Hier et en guise de plaisanterie, un facebooker s’interrogeait sur le caractère « lourd » et « stupide » pour reprendre ses mots, des personnes en surpoids.

Un commentaire qui a fait rire (eh, oui) et qui a provoqué la réaction d’un autre internaute, sous forme d’un témoignage, on ne peut plus touchant, sur ce qu’il a enduré des suites de l’obésité et du regard de la société.

Les femmes, leur corps, constituent une recette infaillible pour « rigoler » et nous avons droit, tous les jours à des perles en matière de misogynie et de sexisme.

Pour les Tunisiens, qui ont souffert de décennies de répression, la liberté d’expression acquise il y a quelques années est nouvelle et certains en font forcément mauvais usage.

Un grand travail de sensibilisation sur les discours haineux et sur les droits et les libertés devrait certainement être entrepris par la société civile pour éveiller et rappeler qu’il y a des limites : la dignité et le respect de cette dernière.


H.B.