Publié le 16-05-2009

«Brouillon de spectacle» : La preuve par trois !

Le quotidien : publié le 180509
«Brouillon de spectacle» donné jeudi soir à la salle «La Marquise» (ex-ciné Jamil) était au vitriol d’une société plongée dans un cynisme sans pareil.
Tout le monde se retrouve comme de l’autre côté du miroir aux illusions. Meriam Bousselmi et son équipe artistique ont choisi d’accentuer le trait d’une caricature dessinée à grands traits sur notre société en mal d’émerveillement. L’intrigue est simple et bien menée sauf qu’on est tombé dans le piège de l’impudence et de l’effronterie.



«Brouillon de spectacle» : La preuve par trois !

Le quotidien : publié le 180509
«Brouillon de spectacle» donné jeudi soir à la salle «La Marquise» (ex-ciné Jamil) était au vitriol d’une société plongée dans un cynisme sans pareil.
Tout le monde se retrouve comme de l’autre côté du miroir aux illusions. Meriam Bousselmi et son équipe artistique ont choisi d’accentuer le trait d’une caricature dessinée à grands traits sur notre société en mal d’émerveillement. L’intrigue est simple et bien menée sauf qu’on est tombé dans le piège de l’impudence et de l’effronterie.

Il fallait au moins trois bonnes raisons pour aller voir cette manifestation donnée jeudi soir à l’espace «La Marquise» autour du livre «Brouillon de vie» de Meriam Bousselmi. Le livre en question est, en effet, édité par Sud Editions qui a pris le risque, si l’on peut dire, de le publier quoique écrit par une jeune écrivain. Non seulement ça, mais de lui financer également un court-métrage axé sur le livre. Deuxième raison : la manifestation qui s’est tenue jeudi a été organisée par les Librairies Clairefontaine. Enfin, il s’agit d’une adaptation très libre et moderne d’un écrit littéraire, ‘‘Brouillon de vie’’ autour duquel on a présenté une performance de danse, une lecture croisée et un court-métrage «pause».

Décidément, Meriam Bousselmi et ses copains ont l’art de jouer des rôles loufoques, voire  extravagants, de se mettre en danger et d’aller jusqu’au bout. Il n’est pas évident, en effet, de sortir sur scène complètement nu, sinon couvert de la tête au pied de petits bouts de papier et de demander au public, étonné et abasourdi, de noter dessus leurs impressions. C’était le cas du danseur Hafedh Zellit. Ou encore de se mettre en ‘’beauté’’ avec du papier toilette ou du papier aluminium. C’était le choix esthétique de ces charmantes brunettes Meriam Bousselmi et de la Palestinienne Bassima Takrouri, pis encore de l’animatrice de télé Amel Chahed qu’on a toujours vue par écrans interposés dans des émissions artistiques de bonne facture.

‘‘La mise en spectacle’’ de «Brouillon de vie» n’était pas loin en fait de la mise en scène dans le théâtre. La lecture croisée, qui s’est déroulée entre les deux écrivains Bassima et Meriam, était accompagnée dans l’autre bout de la salle par la performance de danse de Hafedh et interrompue quelques moments par les entrées d’Amel Chahed qui crée des effets rebonds au rythme du spectacle. Le tout épinglait  une prestation burlesque qui fait rire parfois et grincer des dents souvent. ‘‘Meriam et les autres’’ ont pu réaliser une succulente satire de la relation homme/femme des temps modernes. Et c’est sans compromis.

Quant au choix esthétique qui consiste à faire les choses dans le saugrenu,  les artistes ont voulu montrer qu’il est temps de débarrasser l’art de sa gangue académique pour lui rendre sa fraîcheur rebelle.  En ces temps troubles, pas question de congestionner l’esprit des uns et des autres avec des prestations artistiques savantes. Place donc à la loufoquerie exutoire, aux facéties pince-sans-rire… Mais encore est-il,  Meriam et ses compagnons de route ont pris un chemin qui va en contresens de l’art dans son sens originel. En cultivant la négation des valeurs de l’art, tout deviendra art. Et c’est le sens du beau qui s’effritera.