Publié le 02-06-2011

Le financement des partis politiques : D’où et où vont les dépenses ?

L'argent politique constitue l’une des questions de l’heure … D’où viennent les fonds des partis politiques, où vont leurs dépenses et comment évolue leur patrimoine ? Quels sont ces sources "renouvelables" qui vont parfois au-delà de l’imaginaire et qui poussent les uns, au détriment des autres, en avant à une vitesse supérieure…  Pour relancer le débat sur cette affaire qui intrigue les politiciens et les citoyens à l’orée des élections historiques, on a interviewé M. Salah Dhibi, 1er vice président de l’Ordre des Experts Comptables Tunisiens, Président de la commission juridique et Président de l’Union Générale des Experts Comptables Arabes. 



Le financement des partis politiques : D’où et où vont les dépenses ?

-       Quel rôle peut jouer l’expert comptable dans le contrôle du financement des partis et des compagnes électorales ?

Le rôle de l’expert comptable dans cette phase cruciale de l’accession de notre pays à la démocratie est un rôle très important. La démocratie ne peut  s’instaurer qu’en ayant des partis politiques solides animés d’une volonté de servir le pays et de nous prémunir contre tout dérapage et tout retour à la dictature. Ces partis politiques nécessitent une bonne organisation administrative et comptable et une bonne gestion des affaires juridiques.

L’expert comptable en tant que conseiller disposant d’une compétence économique, juridique et comptable peut aider les partis politiques à mettre en place une bonne organisation administrative, comptable et juridique, ce qui permettrait tout d’abord une bonne transparence de l’information financière et un meilleur contrôle des opérations financières. A cet égard, l’expert comptable se porte garant de la transparence des financements des partis politiques: d’où viennent leurs fonds, où vont leurs dépenses et comment évolue leur patrimoine?

 

-       On a appris que vous avez proposé au gouvernement un plan pour contrôler le financement des partis et des compagnes électorales. Pouvez-vous définir ce plan ?

 

L’Ordre des Experts Comptables Tunisiens conscient du rôle que doit jouer cette institution nationale durant cette phase cruciale s’est attelé à concevoir un schéma pour la mise en place et le contrôle de la comptabilité des partis politiques conformément aux normes et standards internationaux en matière de révision.Ce plan s’articule autour des axes suivants :

1-      Elaboration des normes comptables relatives au financement des parties politiques ;

2-     Mise en place d’un système de contrôle interne capable de produire une information financière utile pour les utilisateurs internes et externes ;

3-     Désignation d’un trésorier chargé de la tenue de la comptabilité et de la gestion des financements conformément à des modèles préétablis ;

4-     Désignation d’un auditeur indépendant devant donner un avis sur la sincérité et la régularité de la comptabilité des partis politiques.

 

-       Lors d’une conférence de presse tenue récemment, Nizar Alouini, président du conseil régional de l’ordre des experts comptables de Tunisie a annoncé la création d’un comité d’urgence qui a pour mission de contrôler la comptabilité des partis. Quels seront les paramètres de contrôle ? Et comment vous allez les appliquer ?

 

En fait, il n’a pas été annoncé la création d’un comité d’urgence pour contrôler la comptabilité des partis ; mais il a été proposé la création d’un haut comité de contrôle du financement des partis politiques.

Ce haut comité aura la charge d’assurer la supervision et le contrôle des bonnes pratiques en matière de financement. Il pourra également éditer à la fin de chaque période un rapport sur la synthèse de ses activités.

 

-        Est-ce que vous pensez réellement qu’il serait possible, à cette étape, de réussir à réglementer l’action politique et à garantir la transparence des transactions financières des partis ?

Nous croyons fermement à la réussite de ce projet tant sollicité et tant convoité par les citoyens animés de la volonté de voir s’instaurer en Tunisie une démocratie encadrée par des partis politiques dont le seul objectif est de faire évoluer notre pays vers le bien être sans aucune gérance et immixtion des structures étrangères intervenantes avec des moyens financiers entachés par des objectifs sous jacents ou des fonds provenant d’une manière illicite. En bref, il s’agit d’un choix politique d’une urgence primordiale afin d’éviter de tomber dans des problèmes qui seraient difficiles à surmonter ultérieurement (il vaut mieux prévenir que guérir).


Source: H.Manel
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