Publié le 10-01-2011

Réponse de la Tunisie à la déclaration du porte-parole du Département d'Etat américain

Suite à la déclaration faite par le porte-parole officiel du département d'Etat américain, concernant les événements survenus, récemment, dans certaines régions de la Tunisie, la Secrétaire d'Etat, chargée des affaires étrangères, a reçu, lundi, l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique à Tunis, étant donné l'absence du ministre des Affaires étrangères, qui se trouve actuellement en mission à l'étranger, afin de lui transmettre la réponse de la Tunisie à cette déclaration.



Réponse de la Tunisie à la déclaration du porte-parole du Département d'Etat américain

Voici dans ce qui suit la teneur de cette réponse :

"- Les autorités tunisiennes expriment leur étonnement suite à la déclaration du porte-parole du Département d'Etat, du 7 Janvier, et ce, malgré les précisions données par les autorités tunisiennes.

Nous sommes surpris par le contenu de cette déclaration faite sur la base d'informations recueillies auprès d'éléments hostiles, sans vérification ni consultation avec les autorités officielles.

Nous nous interrogeons sur la réaction des autorités américaines face à une manifestation, soi-disant pacifique et au cours de laquelle des cocktails Molotov sont lancés et des locaux vandalisés et incendiés.

Nous tenons, à cet égard, à souligner de nouveau, que toutes les libertés, y compris la liberté de rassemblement, sont garanties par la Constitution et la Loi en Tunisie.

Les rassemblements n'ont jamais été interdits ni gênés lorsqu'ils sont pacifiques et non violents.

Les évènements enregistrés ces derniers temps dans quelques régions ont pris, dans certains cas, un caractère violent, face auquel une réaction légitime s'est imposée pour préserver l'ordre public, la sécurité des citoyens et la protection des biens publics et privés.

Parallèlement, des efforts exceptionnels sont déployés pour faire face aux défis majeurs que connaît le pays, en matière de création d'emplois, et de développement économique et social.

Nous aurions souhaité voir les Etats-Unis faire preuve d'objectivité et de compréhension à l'égard de notre démarche et donner plutôt des signaux d'une volonté plus manifeste de promouvoir la coopération avec la Tunisie.

Nous exprimons, par ailleurs, notre étonnement face aux allégations sans fondement de blocage de l'accès aux sites sociaux d'Internet en Tunisie.

Nous tenons à cet égard à préciser que la Tunisie s'emploie à promouvoir l'Internet et à faire des technologies de l'information et des communications un levier important du développement global du pays.

L'accès aux réseaux sociaux est libre et ouvert à tous en Tunisie, comme vous pouvez le constater.

Toutefois, tous les pays n'ont jamais hésité à intervenir contre l'utilisation illégale de ces réseaux, notamment en cas d'incitation à la haine, à la violence, au terrorisme et à la destruction de sites officiels.

Enfin pour les hackers interpellés qui ont attaqué de nombreux sites tunisiens, tous ont déjà été libérés à l'exception de deux qui ont été inculpés par le procureur de la république et déférés devant la justice, pour tentative de destruction délibérée de sites électroniques officiels tunisiens.

Encore une fois, quelle aurait été la réaction des autorités américaines face à des agissements similaires."


TAP