Publié le 04-11-2026
Retraite en Tunisie : seulement 2,4 actifs pour chaque retraité, un déficit de 1,5 milliard de dinars !
Les caisses sociales tunisiennes font face à un déséquilibre financier qui pourrait s'aggraver au cours des prochaines années, sous l'effet du vieillissement de la population, de la baisse de la natalité et de l'augmentation des dépenses de santé. C'est le constat dressé par Hassen Zargouni, directeur de Sigma Conseil, lors de son intervention sur les ondes d'Express FM.

Selon l'intervenant, le déficit annuel des caisses sociales est estimé entre 1,2 et 1,5 milliard de dinars. Cette situation s'explique notamment par le décalage entre le nombre de cotisants actifs et celui des bénéficiaires de pensions. La Tunisie compte entre 2,6 et 2,8 millions de cotisants, contre environ 1,2 million de retraités.
Cette configuration représente seulement 2,3 à 2,4 cotisants pour chaque retraité, alors que l'équilibre du système nécessiterait environ quatre cotisants par bénéficiaire. La différence doit ainsi être compensée par le budget de l'État pour assurer le versement des pensions et financer les prestations sociales.
Le problème est également lié à l'évolution démographique. Hassen Zargouni souligne que la baisse de l'indice de fécondité, désormais autour de 1,5 enfant par femme, réduira progressivement le nombre de futurs cotisants, tandis que les départs à la retraite continueront d'augmenter, notamment avec le vieillissement des générations nées dans les années 1960 et 1970.
À ces difficultés s'ajoutent le poids de l'économie parallèle, qui représenterait près de 40 % de la population active, la faiblesse de la croissance économique et les difficultés rencontrées par certaines entreprises pour honorer leurs cotisations sociales.
Le responsable a également attiré l'attention sur la hausse des maladies chroniques, qui alourdit les dépenses de santé et exerce une pression supplémentaire sur la couverture sociale, notamment à travers la prise en charge des soins et des traitements médicaux.
Pour faire face à ces défis, Hassen Zargouni estime que l'amélioration de la productivité constitue un levier essentiel. L'élargissement de la base des cotisants, le renforcement de l'activité économique et l'amélioration de la situation des jeunes figurent également parmi les pistes à privilégier pour préserver la pérennité du système de protection sociale.
