Publié le 03-10-2026
La Tunisie manque-t-elle d’eau… ou perd-elle trop dans ses réseaux ?
Le coordinateur de l’Observatoire tunisien de l’eau, Alaeddine Marzouki, a indiqué dans l’émission Le Mag Express que la situation hydrique en Tunisie a atteint un stade critique. La part annuelle d’eau disponible par habitant est passée entre 380 et 430 m³, contre un seuil de pauvreté hydrique fixé à 500 m³.

133 % des ressources souterraines renouvelables exploitées
Selon Alaeddine Marzouki, l’exploitation des ressources en eaux souterraines dépasse 133 % de leur capacité de renouvellement. Le nombre de puits anarchiques et non autorisés atteint 33 988.
Les barrages à 50 % de leurs apports annuels
Malgré les précipitations enregistrées en 2026, les apports aux barrages n’ont pas dépassé 50 % de la moyenne annuelle. Pour le coordinateur de l’Observatoire tunisien de l’eau, la crise dépasse ainsi la seule question de la sécheresse et concerne également l’état des infrastructures et la gestion des ressources.
Des pertes importantes dans les réseaux
Près de 23 % de l’eau se perdrait dans les réseaux de distribution, tandis que la part de l’eau produite mais non facturée atteint 41 %. Les pertes peuvent dépasser 50 % dans certaines zones et s’élèvent à 30 % dans les réseaux d’irrigation.
Qualité de l’eau : davantage de transparence demandée
Alaeddine Marzouki appelle à publier plus régulièrement et de manière plus transparente les résultats des analyses de la qualité de l’eau. Il évoque notamment des problèmes pouvant être liés à l’ancienneté des réseaux, à la salinité ou au chlore, sans que cela signifie systématiquement que l’eau est impropre à la consommation.
Revoir les priorités d’investissement
Le coordinateur de l’Observatoire tunisien de l’eau plaide pour davantage d’investissements dans les réseaux d’eau potable, la réduction des fuites, la valorisation des eaux traitées et la protection des ressources souterraines, afin de préserver l’accès à l’eau pour les générations futures.
