Publié le 23-09-2026

Drogues : des enfants âgés de 9 ans concernés par certains cas en Tunisie

Le délégué général à la protection de l’enfance, Moncef Ben Abdallah, a indiqué que le phénomène de la consommation de drogues touche différentes sociétés, y compris la Tunisie. Il a souligné que l’État œuvre dans le cadre d’une stratégie nationale participative de prévention contre les risques liés aux drogues, associant les différentes structures de l’État, les organisations, les associations ainsi que les médias.



Drogues : des enfants âgés de 9 ans concernés par certains cas en Tunisie

Des enfants âgés de 9 et 10 ans concernés dans certains cas

Dans une déclaration à Express FM, Moncef Ben Abdallah a expliqué que les signalements reçus par les délégués à la protection de l’enfance dans les différentes régions du pays font état de situations concernant des enfants des deux sexes, avec certains cas impliquant des enfants âgés de 9 à 10 ans.

Il a précisé que les formes de consommation sont diverses, allant de l’inhalation de certaines substances volatiles à la consommation d’autres substances psychoactives, soulignant que ces situations nécessitent une intervention visant à protéger l’enfant et à prévenir l’aggravation des risques.

L’enfant et la famille au cœur de la prévention

Le délégué général a expliqué que la stratégie mise notamment sur l’enfant et la famille tunisienne. L’objectif est de renforcer les connaissances préventives des enfants afin qu’ils puissent à leur tour transmettre ces informations à leurs pairs, tout en renforçant le rôle de la famille dans le suivi et la détection des changements pouvant affecter le comportement des enfants.

Il a insisté sur l’importance pour les parents de consacrer du temps à l’écoute de leurs enfants, notamment durant l’adolescence, de connaître leur entourage et de rester attentifs aux changements de comportement, tout en créant un climat de confiance permettant à l’enfant de considérer sa famille comme un refuge en cas de difficulté.

L’espace numérique également concerné

Moncef Ben Abdallah a également souligné que l’espace numérique représente à la fois une opportunité de sensibilisation et un environnement pouvant comporter certains risques, appelant à accompagner les enfants et à les aider à utiliser les outils numériques de manière sûre.

Campagnes de sensibilisation et implication des enfants

Dans le cadre du programme national de communication consacré à la prévention contre les drogues, plusieurs spots de sensibilisation et activités destinés aux enfants et aux familles sont prévus, avec la participation des différentes parties concernées.

Le délégué général a également annoncé l’organisation d’un concours destiné aux enfants par le Centre national de l’informatique pour l’enfant. Il portera sur la création de spots de sensibilisation contre les drogues, avec notamment le recours à l’intelligence artificielle.

Il a également évoqué l’expérience des ambassadeurs de la sécurité numérique, des enfants formés dans le domaine du numérique et qui contribuent à transmettre les informations et les messages de sensibilisation à leurs pairs, dans et en dehors du milieu scolaire.

Deux numéros verts disponibles 24h/24

Concernant les mécanismes de signalement et d’intervention, Moncef Ben Abdallah a indiqué que le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées met à la disposition des citoyens et des personnes présentes en Tunisie deux numéros verts fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : 192 et 1809.

Des psychologues répondent aux appels et assurent des services d’écoute et d’orientation. Certaines situations peuvent également être transmises aux services de protection de l’enfance pour une intervention lorsque cela est nécessaire.

La peur de la stigmatisation complique le signalement

Le délégué général a expliqué que certaines familles peuvent hésiter à signaler la consommation de substances par leurs enfants, par crainte de la stigmatisation sociale. Il a souligné que l’accompagnement psychologique et le dialogue avec l’enfant et sa famille peuvent contribuer à révéler certaines situations et à permettre une prise en charge.

Il a, dans ce contexte, insisté sur le fait que la prévention contre les drogues constitue une responsabilité collective, appelant à mobiliser les structures de l’État, la société civile, les médias, ainsi que les sportifs, artistes et influenceurs, qui peuvent tous contribuer à protéger les enfants et à renforcer la sensibilisation.

Une approche participative pour lutter contre le phénomène

Moncef Ben Abdallah a enfin souligné que l’approche adoptée ne se limite pas à un seul volet. Elle implique notamment les ministères de la Santé, de l’Éducation, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports et des Affaires religieuses, ainsi que les structures intervenant dans les domaines de la répression et de la lutte contre le trafic.

Il a estimé que la lutte contre ce phénomène passe d’abord par la reconnaissance de son existence et la compréhension des facteurs favorisant sa propagation, ainsi que par le renforcement de la sensibilisation de la société en général et des familles en particulier, afin de mieux prévenir les risques et protéger les enfants.



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