Publié le 01-09-2026
Congés annuels en Tunisie : un expert rappelle que c'est un droit fondamental du salarié
Le congé annuel constitue un droit fondamental pour tout salarié, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. Toutefois, la prolongation du congé à l’aide d’un certificat médical peut parfois soulever des questions juridiques, notamment lorsque la période de congé annuel arrive à son terme.

Dans ce contexte, Hafedh Amouri, professeur et spécialiste en droit du travail et en fiscalité, a expliqué que la législation relative à la fonction publique prévoit que la prolongation du congé annuel pour des raisons de santé est soumise à des procédures spécifiques et, dans certains cas, à l’avis de la commission médicale.
Certificats médicaux pendant les congés : des pratiques qui posent question
Hafedh Amouri a évoqué l’existence de certains dépassements liés aux arrêts maladie, notamment la présentation de certificats médicaux pendant la période de congé afin de la prolonger, une situation qui peut poser des difficultés aussi bien à l’administration qu’aux entreprises.
Il a également évoqué des cas où certains employés présentent des certificats médicaux délivrés par des médecins à l’étranger alors qu’ils se trouvent eux-mêmes hors de Tunisie, appelant à davantage de contrôle et de respect des procédures légales en vigueur.
L’expert a par ailleurs souligné qu’un certificat médical ne peut pas être refusé arbitrairement par l’administration, que ce soit dans le secteur public ou privé, appelant au respect des procédures encadrant les arrêts maladie.
Le congé annuel est un droit et non une compensation financière
Le professeur Hafedh Amouri a rappelé que le congé annuel constitue un droit fondamental du salarié. Il permet au travailleur de récupérer ses capacités physiques et psychologiques et de reprendre son activité dans de meilleures conditions.
Il a estimé que l’intérêt même de l’entreprise exige de permettre au salarié de bénéficier de son congé annuel, puisqu’un employé suffisamment reposé est davantage en mesure de reprendre son travail dans de bonnes conditions physiques et psychologiques.
Il a également insisté sur le fait que le congé annuel ne doit pas être considéré comme une simple compensation financière, appelant les employeurs à respecter pleinement ce droit.
Un appel à réviser la législation du travail
Par ailleurs, Hafedh Amouri estime qu’une partie de la législation tunisienne régissant le travail et la fonction publique, dont certaines dispositions remontent aux années 1980, nécessite aujourd’hui une révision en profondeur afin de l’adapter aux transformations sociales et économiques que connaît la Tunisie.
Il a également appelé à davantage de souplesse dans les relations professionnelles, tout en renforçant le suivi des absences et en s’attaquant aux causes de la multiplication des arrêts maladie plutôt que de se limiter aux sanctions et aux contrôles.
Les conditions de travail influencent la relation du salarié avec son entreprise
L’expert a souligné que l’amélioration du climat de travail, le respect du salarié et la mise en place de conditions professionnelles adéquates peuvent contribuer à réduire les tensions et l’absentéisme.
Il a également évoqué la situation de certains travailleurs qui exercent encore dans des conditions précaires, soulignant l’importance de poursuivre les efforts visant à éliminer les formes d’emploi précaire et à intégrer les travailleurs dans le système de protection sociale.
Hafedh Amouri a enfin appelé à une révision de la législation du travail et à une évolution des pratiques au sein des entreprises et des administrations, afin de garantir les droits des salariés tout en préservant les intérêts des employeurs, de l’administration et de la productivité.
