Publié le 02-07-2026
Menace sur la tomate tunisienne… lien direct avec les fortes chaleurs ?
La campagne de récolte de la tomate destinée à la transformation a démarré dans le gouvernorat de Nabeul, dans un contexte marqué par des indicateurs préliminaires faisant état d’une baisse de la production nationale, estimée à environ 800 000 tonnes, soit un recul d’environ 200 000 tonnes par rapport à la saison précédente.

Dans ce contexte, le secrétaire général de l’union régionale de la tomate destinée à la transformation à Nabeul, Mohamed Ben Hassan, a indiqué que la saison actuelle connaît un démarrage difficile et un rythme lent, en raison de facteurs climatiques ayant perturbé le déroulement de la récolte. Les opérations de cueillette devraient ainsi se faire par étapes espacées, sans pic de production comme lors des saisons précédentes.
Surfaces cultivées et indicateurs de rendement
Il a précisé que les superficies cultivées atteignent environ 4 500 hectares au niveau régional et près de 15 000 hectares à l’échelle nationale. Les premières estimations indiquent par ailleurs que le rendement moyen ne dépassera pas 55 tonnes par hectare, un niveau jugé moyen en raison des conditions climatiques enregistrées durant les mois de mars et avril.
Impact des fortes chaleurs
Mohamed Ben Hassan a souligné que les vagues de chaleur récentes ont eu un impact direct sur les cultures tardives, plantées en avril, tandis que les cultures précoces ont été relativement épargnées et ont affiché des résultats plus stables.
Prix gelé et hausse des coûts de production
Concernant les difficultés structurelles, il a dénoncé le gel du prix de référence de la tomate à 270 millimes le kilogramme depuis plus de quatre ans, alors que les coûts de production augmentent de 30 à 40 % chaque année.
Il a ajouté que ce prix ne couvre plus les dépenses des agriculteurs, malgré les multiples revendications des structures professionnelles appelant à sa révision, restées sans réponse jusqu’à présent.
Manque de main-d’œuvre et exode des jeunes
Le responsable a également évoqué d’autres difficultés, notamment la pénurie de main-d’œuvre agricole et le désintérêt des jeunes pour le secteur agricole, préférant d’autres activités ou l’émigration à la recherche de meilleures conditions de vie.
Appel à une intervention urgente
Il a enfin appelé les autorités de tutelle à intervenir rapidement pour soutenir le secteur agricole, créer un environnement favorable à la production et garantir la pérennité de la filière, avertissant que la poursuite de cette situation pourrait menacer l’avenir de la filière de la tomate destinée à la transformation en Tunisie.
