Publié le 08-06-2026
LTDH : Non à la prison pour les élèves fraudeurs
Réagissant à la multiplication des arrestations et détentions de plusieurs élèves soupçonnés de fraude aux examens, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a exprimé ce lundi sa vive inquiétude face à ce qu’elle qualifie d’approche répressive.

Tout en condamnant fermement la tricherie, considérée comme une atteinte au principe d’égalité des chances et à l’intégrité du système éducatif, l’organisation rejette catégoriquement le recours à l’emprisonnement des élèves impliqués.
La LTDH estime que les sanctions carcérales sont inefficaces et lourdes de conséquences, pouvant entraîner une stigmatisation durable des jeunes, compromettre leur avenir scolaire et professionnel, et provoquer des impacts psychologiques importants, notamment dans le contexte des établissements pénitentiaires.
Elle appelle ainsi à une approche plus équilibrée, fondée sur une réponse éducative et juridique proportionnée, qui préserve à la fois l’intérêt supérieur de l’enfant et le droit fondamental à l’éducation.
Selon la Ligue, la lutte contre la fraude doit également s’attaquer à ses causes profondes, notamment la pression sociale et psychologique, les difficultés économiques, le manque d’encadrement pédagogique et la forte dépendance à des examens à enjeu unique.
L’organisation plaide pour la mise en place de sanctions disciplinaires progressives, sans exclusion des élèves, ainsi que pour le renforcement des programmes de sensibilisation à l’intégrité et l’instauration d’un accompagnement psychologique pour les candidats.
Enfin, la LTDH appelle à l’ouverture d’un débat national visant une réforme en profondeur du système éducatif et des méthodes d’évaluation, afin de garantir les droits des élèves, des enseignants et des familles tunisiennes.
