Publié le 27-04-2026
À voix basse de Leyla Bouzid : le cinéma tunisien bientôt à l’affiche en salles
Présenté en compétition lors de la dernière Berlinale, À voix basse est le troisième long-métrage de la réalisatrice franco-tunisienne Leyla Bouzid. Après À peine j’ouvre les yeux, qui explore la jeunesse tunisienne à la veille du Printemps arabe, et Une histoire d’amour et de désir, centré sur une initiation sentimentale et charnelle confrontée aux normes sociales, la cinéaste poursuit son travail autour des tensions entre liberté individuelle et conservatisme.

Dans ce nouveau film, Lilia, expatriée à Paris, retourne en Tunisie pour assister à l’enterrement de son oncle. Mais ce retour familial se transforme rapidement en enquête intime, lorsque les circonstances troublantes de la mort du défunt révèlent une part cachée de son existence, faisant écho aux propres questionnements identitaires de l’héroïne.
Porté par la performance d’Eya Bouteraa, le film suit une femme partagée entre deux mondes : une vie assumée en France et une existence contrainte par les normes sociales en Tunisie, où son orientation sexuelle doit rester dissimulée. Cette dualité est symbolisée par la chambre d’hôtel où elle cache sa compagne, interprétée par Marion Barbeau.
Les funérailles de l’oncle deviennent le point de départ d’un huis clos familial au cœur d’une grande demeure où trois générations de femmes se confrontent. Hiam Abbass y incarne une mère tiraillée entre affection, tradition et refus de la différence, tandis que Salma Baccar prête son image à une matriarche attachée à la préservation des apparences familiales.
À travers ce récit, Leyla Bouzid poursuit son exploration des fractures sociales et intimes, en mettant en lumière les silences, les tensions et les identités empêchées.
