Publié le 14-02-2026
Décès de Ferid Ben Tanfous : la Tunisie perd un bâtisseur historique du secteur bancaire
La Tunisie est en deuil. Ferid Ben Tanfous, figure majeure du secteur bancaire tunisien, est décédé ce samedi 14 février 2026. Avec sa disparition, le pays perd un acteur clé de l’histoire financière et économique de la Tunisie, dont l’empreinte restera durablement ancrée dans les institutions nationales.

Juriste de formation devenu expert en économie et finance, diplômé au Canada et titulaire d’un MBA, il intègre très tôt la Banque Centrale de Tunisie (BCT), véritable creuset des compétences à l’époque. Rapidement repéré pour sa rigueur, son intelligence et sa capacité d’analyse, il gravit les échelons et devient une référence en matière de contrôle des changes et de commerce extérieur.
À la BCT, il participe aux grandes réformes structurantes, notamment la convertibilité courante du dinar en 1992 et les négociations de l’accord de libre-échange avec l’Europe en 1995, contribuant ainsi à l’ouverture de l’économie tunisienne et à sa modernisation.
Son parcours le conduit ensuite à la tête de plusieurs institutions stratégiques : l’Union Tunisienne de Banque (UTB), la Banque de Développement Économique de Tunisie (BDET), la Banque Nationale Agricole (BNA), puis l’Arab Tunisian Bank (ATB). Partout où il passe, il s’impose comme un redresseur d’institutions et un stratège reconnu.
C’est à l’ATB qu’il marque durablement le secteur. Arrivé dans un contexte complexe, il engage une réforme profonde fondée sur la modernisation des systèmes, le renforcement de la gouvernance bancaire, l’innovation produit et une stratégie de communication ambitieuse. Sous sa direction, l’ATB devient l’une des banques privées de référence en Tunisie, pionnière avec le lancement de la Carte Lella, dédiée aux femmes, ainsi que d’offres spécifiques pour les jeunes et l’obtention de la certification internationale MSI 20000.
Il plaidait également pour une restructuration du secteur bancaire tunisien, estimant que le marché comptait trop d’établissements au regard de sa taille et défendant l’idée de fusions stratégiques fondées sur la culture d’entreprise, la performance et la bonne gouvernance.
Au-delà des fonctions occupées, Ferid Ben Tanfous laisse l’image d’un bâtisseur de compétences ayant formé toute une génération de professionnels, leur transmettant le sens des responsabilités et l’exigence du travail bien fait. Son parcours incarne une époque où la méritocratie, la compétence et la vision stratégique structuraient la gouvernance économique.
Le défunt sera inhumé au cimetière du Jellaz après la prière d’El Asr. La Tunisie perd une figure majeure de sa finance moderne, dont l’héritage continuera d’influencer durablement le paysage bancaire national.
