Publié le 11-05-2010

Je suis Jabri et pourtant né à Tunis

Des termes comme « nouzouh » et « jboura » sont de plus en plus fréquents dans le langage quotidien, aussi bien chez les  jeunes que chez les adultes.



Je suis Jabri et pourtant né à Tunis

Des termes comme « nouzouh » et « jboura » sont de plus en plus fréquents dans le langage quotidien, aussi bien chez les  jeunes que chez les adultes.

A l’époque ou les tunisois « beldia » constituaient une majorité remarquable, ces termes désignaient les campagnards installés  en ville, venant de leurs milieux ruraux  pour faire des métiers assez précaires, généralement dénigres par « la bourgeoisie ».

Cependant, il n’est plus dans l’ordre du jour de parler de cette dernière catégorie sociale (tunisois dis « belida ») comme dans le temps, possédant le monopole du capital et de la culture.

Le nouveau paysage sociale est de nos jours dominé par une couche moyenne composée de variété régionale opérant dans les domaines publics et les métiers libéraux.

Pourquoi entendons nous assez souvent alors, des termes à connotation régionaliste ?

Le terme « nouzouh » (nom signifiant l’exode rural utilisé comme adjectif dans le dialecte tunisien) désigne actuellement toute personne dont l’apparence ne plait pas au modèle In de la ville, assimilé souvent à des comportements assez vulgaires mais des fois aussi à une catégorie dont la nature n’a pas donné de peau claire ou dont l’accent est juste un peu différent.

Le coté drôle dans l’histoire c’est d’entendre attribuer le même terme à ce qu’on est convenu d’appeler des « nouveaux riches » habitant des quartiers chics.

Il se trouve que dans les deux cas, une majorité absolue est née et éduquée avec les mêmes principes « urbains »  des ces mêmes défendants du civisme. La seule différence est : les uns ont gardé le rapport avec les origines mais pas les autres.

Et d’ailleurs, le terme « beldi » est-il encore valable dans un cadre ou tous les « tunisois » ne sont plus de race « pure » ?

 

Amal


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