Publié le 21-04-2010

Taoufik Al Ayeb entre hommage et oubli

Avant qu’il reçoive deux hommages pour son statut de comédien et pour sa pièce de Théâtre Mister MIM en Palestine, Taoufik El Ayeb annule une présentation à la manifestation « 24h théâtre du Kef » suite à une agression de la part du public, et se prépare pour un procès lancé par son ex- producteur Alkaz’art. Normal, c’est l’histoire de l’artiste tunisien, méconnu dans son pays, flatté à l’étranger.
 



Taoufik Al Ayeb entre hommage et oubli

Avant qu’il reçoive deux hommages pour son statut de comédien et pour sa pièce de Théâtre Mister MIM en Palestine, Taoufik El Ayeb annule une présentation à la manifestation « 24h théâtre du Kef » suite à une agression de la part du public, et se prépare pour un procès lancé par son ex- producteur Alkaz’art. Normal, c’est l’histoire de l’artiste tunisien, méconnu dans son pays, flatté à l’étranger.
 
Lors de la troisième édition du Festival International du Théâtre Al Manara en Palestine, Taoufik Al Ayeb, a présenté son premier monodrame « Mister MIM », mis en scène par Ghazi Zaghbeni, le jeudi 8 avril sur les planches de la scène palestinienne. Le directeur du festival, George Ibrahim, qui connaît le comédien tunisien depuis 1997 a décidé de lui rendre hommage pour sa carrière en tant que comédien (plus de 20 ans d'expérience et premier prix du meilleur acteur aux JTC) et pour la pièce Mister MIM qui a reçu une critique favorable de la part des Palestiniens.
 
Dépassant le problème de la langue, le public palestinien a énormément apprécié Mister MIM allant jusqu’à penser que ce personnage pourrait être palestinien tellement il ressemble au quotidien palestinien (qui est finalement humain). Bien sûr, l’expérience tunisienne est beaucoup plus développée par rapport à celle du Moyen -Orient. Les présents ont été éblouis, d’après les dires de Taoufik Al Ayeb, par les techniques de lumière et du son de son spectacle. « C’est un vrai show différent des monodrames que nous avons ici… il y a de tout, et le comédien peut bouger sur toute la scène… voilà les remarques que j’ai reçu après la présentation de la pièce » témoigne le comédien. Mister MIM va être diffusée sur la chaîne nationale de la Palestine. Notre comédien s’est senti flatté et vraiment bien motivé pour donner de son mieux à l’avenir…
 
Malheureusement, cette charge émotionnelle et cet hommage ne sont pas venus de son pays. Effectivement, l’artiste  est passé par une pénible expérience au Kef à l’occasion des "24h théâtre." Devant un public ivre, vagabond et nonchalant, Taoufik Al Ayeb était obligé de présenter Mister MIM à 3h du matin. Après presque 7 minutes de bégaye et de trouble, il se retire en loge et rentre chez lui sans le moindre remerciement. (Les détails de cette affaire sont en vidéo).
 
Le même artiste se prépare actuellement à un procès lancé par Alkaz’art qui, sans aucun contrat signé, prétend avoir dépensé une somme colossale dans le lancement de la pièce Mister MIM. En fait, après qu’elle s'est rendue compte que le comédien n’accepte pas de raconter des blagues gratuites entre les scènes de son spectacle, la production a jugé le comédien pas rentable et a décidé de se retirer et de se faire rembourser…
 
 
Entre ce qu’il endure dans son pays et ce qu’il reçoit à l’étranger, l’artiste tunisien comprend très vite qu’il n’aura une petite reconnaissance qu’en fin de carrière… les artistes tunisiens qui réussissent à l’étranger après une déception en Tunisie sont nombreux : Anouar Brahem, Dhafer Youssef, Hend Sabri, Ahmed Hifiène, Latifa Arfaoui, Chawki Mejri… et la liste est longue et touche tous les domaines. Sans soutien, ni encouragement et ni respect, la question qui se pose est, comment voulons -nous avoir un art développé et une bonne génération d’artistes ?
 
Henda
 
 

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