Une étude fait apparaître la vulnérabilité des jeunes Tunisiens à la traite d’êtres humains

Lancement officiel de la première Etude exploratoire sur la traite des personnes en Tunisie – En partenariat avec le gouvernement tunisien, et dans le cadre d ́un projet financé par l’Office du Département d’Etat américain chargé de surveiller et de combattre la traite d’êtres humains (J/TIP), l’OIM Tunisie a publié une Etude exploratoire sur la traite des personnes en Tunisie, dont le lancement officiel est prévu pour le vendredi 21 Juin 2013.



Une étude fait apparaître la vulnérabilité des jeunes Tunisiens à la traite d’êtres humains

Cette Etude, la première de ce genre dans le pays, dresse un panorama général des manifestations et des dynamiques liées à la traite nationale et transnationale d’adultes et d’enfants aux fins de travail forcé, d’exploitation sexuelle et de servitude domestique en Tunisie.



La participation active d'un Comité de Pilotage élargi, constitué d'une quinzaine d'acteurs interinstitutionnels, a représenté une valeur ajoutée essentielle dans le cadre de l'Etude notamment pour la réalisation des entretiens et du travail de terrain, permettant d'obtenir des conclusions fiables autour de la traite des personnes en Tunisie.



L'Etude fait apparaître la vulnérabilité des jeunes Tunisiens et Tunisiennes à la traite transnationale, tandis que les trafiquants utilisent des fausses promesses d'emploi bien rémunéré à l'étranger pour les appâter, et pour les exploiter une fois arrivés à destination. Le Rapport signale l'utilisation croissante de l'Internet et notamment des réseaux sociaux, pour le recrutement des victimes de la traite.



Par ailleurs, l'Etude relève que les migrants en situation irrégulière en Tunisie, les enfants migrants non accompagnés, les réfugiés, les demandeurs d'asile, et/ou les déboutés du droit d'asile, sont extrêmement vulnérables à la traite, que ce soit libyenne, en 2011, la Tunisie a été confrontée à une arrivée massive de personnes migrantes cherchant protection en Tunisie, parmi lesquelles se trouvaient des victimes de la traite des personnes (flux migratoires mixtes). Aussi, l'OIM, en coordination avec le HCR et les ONG locales, a engagé la mise en place d'actions conjointes pour mieux détecter et assister les victimes potentielles de la traite en Tunisie.
 


En ce qui concerne la traite interne, elle toucherait principalement les enfants, exploités dans la mendicité dans les grandes villes, mais aussi dans la servitude domestique (petites bonnes). En ce sens, des mécanismes doivent être créés pour lutter contre les réseaux organisés autour du recrutement de mineures, parfois âgées de moins de 10 ans, destinées à être employées en tant que domestiques chez des familles aisées du littoral tunisien. Selon le Rapport, il s'agit principalement de  petites filles non scolarisées, originaires de familles nécessiteuses du Nord-ouest de la Tunisie (Jendouba, Le Kef).
 


Le Rapport essentiellement qualitatif, ne fournit pas de statistiques sur la traite d’êtres humains en Tunisie, étant donné que le pays ne possède pas encore de législation criminalisant la traite. Les données recensées reposent donc essentiellement sur les bases de données gouvernementales recensant les délits connexes à la traite, mais aussi sur l'expérience empirique des acteurs locaux et sur les informations divulguées par les médias.
 


« Cette Etude exploratoire fournit des informations-clé aux décideurs publics, mais aussi à la société civile en général, qui aideront à engager des actions de prévention et de sensibilisation sur ce sujet délicat. Le Rapport met également en lumière l'urgence d’adopter le Projet de loi contre la traite des personnes, qui a été récemment remis par les autorités tunisiennes à l'Assemblée Nationale Constituante. Cette législation permettra aussi de créer une Commission Nationale contre la Traite des Personnes, chargée de la mise en place de politiques publiques adaptées pour lutter contre ce problème en Tunisie », a déclaré Mme. Lorena Lando, Chef de mission de l’OIM en Tunisie.
 


En l’absence de législation criminalisant expressément la traite d’êtres humains en Tunisie et prévoyant des mesures spécifiques pour assister et protéger les victimes, l'Etude montre que les victimes de la traite, et particulièrement les femmes forcées à être prostituées, risquent d’être poursuivies et de subir des violences d'ordre physique et psychologique, contribuant souvent à leur revitalisation, et à la stigmatisation aux yeux de la société et de leur propre famille.
Cette Etude a été élaborée dans le cadre du projet « Soutien et Transfert des Mécanismes d’Assistance, d’Orientation ainsi que d’Echange d’expérience en matière de traite des personnes » (SHARE) financé par le Département d'Etat des Etats-Unis, qui vise à renforcer les capacités du Gouvernement tunisien en matière de lutte contre la traite des personnes. Le Projet prévoit également l'organisation d'Ateliers de dissémination des résultats de l'Etude dans tout le pays, ainsi que des Séminaires de formation auprès de publics-cibles sur l'identification et la protection des victimes. Finalement, un Mécanisme National de Référencement sera élaboré dans le cadre des travaux du Comité de Pilotage du Projet SHARE.


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