Publié le 21-10-2020

Un nouveau test rapide et bon marché en Inde

Un test rapide, fiable et bon marché pour détecter le coronavirus avec une bandelette de papier réactif va bientôt être disponible en Inde où des scientifiques l'ont développé pour aider à contrer la pandémie.



Un nouveau test rapide et bon marché en Inde

Il s'appelle "Feluda", du nom d'un personnage populaire de détective créé par le grand cinéaste Satyajit Ray (1921-1992), et acronyme scientifique (FNCAS9 Editor-Limited Uniform Detection Assay).

Il utilise en effet la technique des "ciseaux moléculaires" CRISPR-Cas9, mise au point par deux généticiennes, la Française Emmanuelle Charpentier et l'Américaine Jennifer Doudna, qui viennent d'être récompensées par le prix Nobel de chimie.

Ce kit, qui fonctionne à partir de prélèvements par écouvillonnage nasal, ressemble à un test domestique de grossesse avec sa bandelette où apparaissent deux traits colorés si le résultat est positif et fournit les résultats dans l'heure.

"Ce test ne nécessite aucun équipement sophistiqué ou main-d'oeuvre hautement qualifiée", explique son co-inventeur Souvik Maiti, du CSIR-Institute of Genomics and Integrative Biology (IGIB), l'Institut de génomique et biologie intégrative du Conseil de la recherche scientifique et industrielle de New Delhi.

"De nombreux endroits reculés en Inde n'ont aucun laboratoire sophistiqué", poursuit-il. Le test "sera bien plus facile à déployer, il aura une pénétration bien supérieure".

Avec plus de 7,5 millions de cas, l'Inde est le deuxième pays au monde le plus infecté par le virus derrière les Etats-Unis. La maladie s'est répandue des villes jusqu'aux zones rurales où les services de santé sont limités.

Les scientifiques espèrent que ce test permettra d'aider à détecter le virus dans les régions les plus pauvres de ce pays d'1,3 milliard d'habitants.

Son prix n'a pas été publié mais, selon des médias locaux, il pourrait coûter environ 500 roupies (5,8 euros). Un test PCR peut coûter jusqu'à 2.400 roupies dans un laboratoire privé à New Delhi.

Pour le moment, le prototype nécessite l'usage d'un thermocycleur, ou machine PCR, mais les scientifiques travaillent à une version fondée sur la salive ou l'auto-écouvillonnage susceptible d'être utilisée chez soi, a précisé Debojyoti Chakraborty, co-inventeur et scientifique de l'IGIB.

AFP