Publié le 21-10-2020

La chaine GAP envisage de fermer ses magasins en Europe

L'enseigne américaine devrait ainsi se séparer de 120 boutiques. Une réflexion symptomatique de la crise du secteur.



La chaine GAP envisage de fermer ses magasins en Europe

C'est un symbole fort de la crise que traverse le textile : Gap réfléchit à quitter le Vieux continent. Présente en France, en Italie au Royaume-Uni et en Irlande, l'enseigne américaine envisage de fermer toutes ses boutiques en Europe, indique-t-elle dans un communiqué. «Aujourd'hui, nous avons annoncé (...) entamer une revue stratégique des options pour notre activité Gap en Europe.

L'une des options à l'étude est l'éventuelle fermeture de nos magasins Gap gérés par la société», explique Mark Breitbard, directeur international de la marque. La veille au soir, des salariés convié par la direction à une conférence téléphonique indiquaient dans Le Monde que la fermeture des 120 points de vente était décidée et que le plan serait effectif en juillet 2021.

Le groupe entend également revoir son modèle de distribution et de commercialisation en Europe, ce qui pourrait entraîner la fermeture de son centre de distribution européen situé à Rugby au Royaume-Uni, précise Mark Breitbard. Autre option mise sur la table, le transfert d'activités à des «tiers intéressés dans le cadre d'un projet d'expansion du modèle de partenariat», au travers de franchises qui constituent «un moyen efficace et rentable d'amplifier la marque».

Pour affronter des difficultés financières, la marque de vêtements avait déjà réduit la voilure en Europe. En France notamment, où le groupe avait annoncé l’an passé la fermeture de 8 de ses 28 magasins. Au total, le groupe avait entrepris de se séparer de 230 points de vente. Un choix qui devait alors lui permettre de «renforcer la santé de la flotte et servir de base plus appropriée à la revitalisation de la marque». Le spécialiste des vêtements casual avait alors annoncé son objectif de réaliser 90 millions de dollars d’économies par an.

Mais le Covid-19 et les différentes mesures de restrictions à travers le monde ont achevé de faire plonger les ventes du groupe. Au deuxième trimestre, Gap déplorait des pertes de 62 millions d’euros.

La crise sanitaire est en train de faire un tri sans pitié entre les acteurs qui réussissent à tirer leur épingle du jeu, comme Zara ou Nike, et les autres. Ceux qui s'en sortent sont ceux qui possèdent une marque forte et cohérente, et qui ont suffisamment développé les outils numériques. Ou, en entrée de gamme, ceux qui savent tenir leurs prix, en cette période d'inquiétudes sur le pouvoir d'achat.

La pandémie sert en fait d'accélérateur à des tendances déjà à l'œuvre : poids accru des ventes en ligne, développement de la seconde main, et des destockeurs et discounters.

En France, la crise du textile est particulièrement violente. Les ventes d'habillement reculent en valeur chaque année (sauf en 2017) depuis 2008. Nombre d'enseignes déjà fragiles n'ont pas résisté au confinement et ont déposé le bilan, avant d'être reprises, mais sans que tous les magasins soient sauvés. C'est le cas de La Halle, de Naf Naf, de Camaïeu, d’André...


AFP