Publié le 01-07-2020

Ayachi Ajroudi dans le collimateur des médias français

L'homme d'affaires tunisien a dévoilé ses ambitions. Il s’agit une offre de rachat pour l'Olympique de Marseille. Un projet porté également avec son ami Mourad Boudjellal.
 



Ayachi Ajroudi dans le collimateur des médias français

Le journal français a réalisé un portrait de l’homme d’affaires tunisien intitulé, OM : Qui est Mohamed Ayachi Ajroudi, cet inventeur « largement millionnaire » qui veut racheter le club ?

Un cow-boy va-t-il succéder au Yankee Frank McCourt ? Le grand chapeau de Mohamed Ayachi Ajroudi pourrait bientôt être aperçu à Marseille. L’homme d’affaires franco-tunisien a affirmé ce mardi qu'il s'apprêtait à formuler une offre de rachat. Il assure qu'il n'est « l'intermédiaire de personne » mais reconnaît que des Emiratis et des Saoudiens seront dans le tour de table. C'est justement en Arabie Saoudite qu’il exerce depuis les années 1980. Mais quelles sont exactement ses activités ? 20 Minutes a fureté pour retracer le parcours de cet énigmatique entrepreneur de 68 ans.

Un homme d’affaires hyperactif


« Ce monsieur est un mystère même ici en Tunisie », lance une source qui estime que Mohamed Ayachi Ajroudi « est un intermédiaire plus qu’un véritable industriel. » Très implanté en Arabie Saoudite, cet ingénieur a un réseau considérable. Cet entregent lui a permis de négocier des contrats très importants pour des sociétés comme Suez ou la Saur, notamment dans la gestion de l’eau. Il travaille également dans les Emirats arabes unis.

« Il a le parcours classique de ces mecs qui se sont fait une bonne réputation dans les pays du Golfe, observe un acteur du monde des affaires. Ils sont arrivés avec une bonne formation, parlaient arabe et ont débarqué dans des pays où tout était à construire : les routes, les réseaux d’assainissement, toutes les infrastructures. »

Mohamed Ayachi Ajroudi a créé de nombreuses sociétés : d’abord dans le Nord de la France, où il a fait ses études, puis dans les pays du Golfe. Il dirige aujourd’hui la filiale Arabie Saoudite et Moyen Orient de CNIM, un équipementier industriel. « Il est dispersé, il veut tout en même temps », lance un observateur, qui dénonce des méthodes parfois limites.

Mohamed Ayachi Ajroudi a eu quelques démêlés avec la justice : il a fait l’objet d’une plainte pour escroquerie et abus de confiance dans le cadre d’un rapprochement avec Veolia et a été condamné pour détention d’arme et falsification de contrat. Dans les deux cas, il a été acquitté en appel.

Un inventeur « largement » millionnaire


« M. Ajroudi est un homme d’affaires multicartes. Mais c’est d’abord un ingénieur et un inventeur », décrit un de ses collaborateurs. Il a ainsi créé Sportvert, une machine qui permet de construire un terrain de football en une semaine. Il a aussi conçu un système d’irrigation souterraine nommé Portube, déployé sur les pelouses du Palais omnisport de Paris-Bercy ou celles des jardins du palais de l’ancien roi d’Arabie Saoudite. Il a également mené de nombreux projets dans la distribution et l’assainissement des réseaux d’eau, dans le dessalement et le ferroviaire.

Il en a tiré une immense richesse. « Sa capacité financière est très importante », assure un proche. Est-il millionnaire, comme Frank McCourt, l’actuel propriétaire de l’OM ? « Largement », souffle cette même source.

Des réseaux politiques et médiatiques


Mohamed Ayachi Ajroudi est fier de poser avec ses influents amis : François Hollande, Emmanuel Macron, Jack Lang, Gérard Depardieu ou Arnold Schwarzenegger. « Il côtoie et conseille les grands de ce monde », lâche un conseiller énamouré. « Il est surtout excellent en communication et maîtrise bien les réseaux sociaux », pointe Sofiane Ezzi, coordinateur du média Ettachkila.

Mohamed Ayachi Ajroudi a d’ailleurs eu une brève carrière politique en Tunisie : en 2013, il a lancé le Mouvement du Tunisien pour la liberté et la dignité. Mais il a renoncé à quelques semaines des élections législatives, à la surprise générale. « Il a essayé de profiter du vide politique après la révolution tunisienne, mais il a laissé tomber car il a compris que ceux qui ont fait ce choix n’ont pas forcément réussi et ont dû s’exiler », note un observateur de la vie politique tunisienne, lui aussi anonyme.

Mohamed Ayachi Ajroudi a depuis participé à la Cop 21 en tant que « grand décideur » et s’implique dans les négociations pour parvenir à des accords de paix en Libye. Il est enfin propriétaire de la chaîne de télévision Al Janoubiya.

Il a déjà présidé un (petit) club en Tunisie
Un éventuel rachat de l’OM ne serait pas la première incursion de Mohamed Ayachi Ajroudi dans le milieu du sport. Il a une longue carrière de mécène derrière lui. Il a présidé le club de handball de l’AS Hammamet entre 2016 et 2017, avant de se tourner vers le football : d’abord au Stade Nabeulien, puis au Stade Gabésien entre 2018 et 2019.

« Il n’avait pas une grande expérience dans le football mais il avait toujours des idées pour améliorer l’équipe car il était prêt à investir beaucoup d’argent », relate Rani Amara, ancien coordinateur du Stade Gabésien. Mohamed Ayachi Ajroudi est depuis longtemps le « parrain » du modeste club de sa ville natale. « Il a toujours été ambitieux, reprend Mohamed Ayachi Ajroudi. Il était question qu’il préside le Club Africain, le club numéro 1 en Tunisie… Il a beaucoup de contacts. »

Mohamed Ayachi Ajroudi a démissionné de la présidence du Stade Gabésien après une saison. Elle s’est soldée par une relégation en deuxième division. « Il n’était pas très présent, relativise un de ses conseillers. Il investissait de l’argent, accompagnait les équipes, mais ce n’est pas du tout comparable avec ce qu’il veut faire à Marseille. Son projet pour l’OM est immense ! »