Publié le 30-06-2020

Une virée entre filles à Gammarth tourne au cauchemar

Malgré une image émancipé et progressiste qu’on donne de la femme tunisienne, des échos et des témoignages de certaines femmes nous parviennent pour nous dévoiler une face beaucoup plus obscure.



Une virée entre filles à Gammarth tourne au cauchemar

Les femmes ont beau demander plus de considération et une égalité des droits, la réalité vient nous montrer en plusieurs exemples qu’on est loin du compte et qu’un long chemin reste à faire.

Le mouvement #EnaZeda qui est venu en Tunisie faire écho du #Meetoo international recueille plusieurs histoires vécues par les femmes tunisiennes pour dénoncer viol et harcèlement mais aussi violence et machisme bizarrement tolérés par la société.

Voilà le témoignage d'une Tunisienne :

"En Tunisie, les femmes n'ont pas le droit de sortir entre elles sous peine de se faire agresser.

Ce samedi, ma soirée a viré au cauchemar. Mon erreur ? Vouloir sortir boire un verre et danser dans un Club à Gammarth.


A peine nous nous sommes installées qu’on a commencé à nous harceler : des hommes sont venus, tour à tour, nous parler, nous prendre par les hanches, insistant de passer la soirée avec nous. En les rejetant, ils sont devenus agressifs et nous ont insultées.

Mais, on a décidé de les ignorer et d'aller danser, et là... Quelqu’un nous lance une bouteille de bière, mon amie a été touchée à l'épaule, moi, j’ai été blessée au cou. On crie de douleur, je suffoque, mais personne ne vient à notre rescousse.

Nous sommes allées voir le gérant et les agents de sécurité qui nous ont répondu " chnia 3ana na3mloulkom, entouma choftouhom? baraw 3aytoulhom" Le gérant a même osé dire qu'il s'agissait « d'un simple accident et que ça ne méritait pas qu'on gâche notre soirée », alors qu’il voyait bien qu’on nous a agressé et que j’étais blessée !


Evidemment personne ne nous a présenté des excuses, un membre du personnel a même osé m'offrir une autre bière pour me faire oublier cet incident alors que j’avais encore du sang qui coulait sur mon cou !

En sortant, nous sommes tombées pile poil avec les mecs qui nous avaient agressées en toute impunité et qui ont insulté par tous les noms et ont même voulu nous agresser de nouveau, sous les regards indifférents des agents de sécurité et des gardiens du parking.

La police arrivée en retard, s'est moquée de nous et répétait tout ce qu'on disait avec un air insultant avant de repartir sans nous être d'aucune utilité.

Résumé de notre soirée rocambolesque : Si vous êtes une femme et que vous voulez sortir en boite, vous risquez d'être blessée et injuriée, face au regard complice des gérants, des agents de sécurité et de la police.

Je sais que beaucoup de femmes subissent tous les soirs ce genre de harcèlement, mais je tiens à partager mon histoire, car il faut que ça s’arrête et la première chose à faire c’est sortir du silence".