Publié le 12-11-2019

La lettre poignante du fils de Chiraz Laatiri : J’accuse

Chiraz Laatiri a été limogée de son poste au ministère de la culture, d’une façon ‘’brusque et irrespéctueuse’’ selon ses dire. Son fils, Brahim Cherif a jugé bon de rendre hommage à sa façon d’une manière juste inouïe...



La lettre poignante du fils de Chiraz Laatiri : J’accuse

J'accuse

Ce pays, ce système, ce(s) gouvernement(s) qui entravent la prospérité et l'avancée de notre pays.
Ayant appris dans de très mauvaises circonstances le limogeage de ma mère, je ne peux que être fier, au vu des réactions de nombreux de ses collaborateurs, de ses ami(e)s et de ses collègues, qui eux reconnaissant le potentiel certain de ma MÈRE. Nous n'aurons pas besoin de détailler toutes les réalisations de ma mère auprès du Centre national du cinéma et de l'image ; de la création du fond de co-production Panafricain Sentoo Sud, de la mise en place avec Dorra Bouchoucha et une équipe de jeunes acharnés du premier festival Méditerranéen en Tunisie Manarat, de ses initiatives auprès des jeunes en introduisant le gaming et la créativité digitale dans la culture, et j'en passe. MA MÈRE NA BESOIN DE PERSONNE POUR FAIRE SES PREUVES, JE connais son profond engagement auprès de la Tunisie, son amour et sa loyauté pour ce petit pays. Et je peux vous promettre qu'elle a permis à de nombreux jeunes comme moi et comme les 3 autres millions de mes semblables qui peuplent mon pays de s'accomplir culturellement, de réfléchir, de s'évader et surtout de S'OUVRIR l'esprit sur la réalité du monde et de nos sociétés. Ma mère est une femme exceptionnelle, elle est mon essence, toute ma raison de vivre, mais surtout ma plus grande source d'inspiration, mon indénombrable MODÈLE, et je ne suis pas le seul. Ne parlons pas de la situation déplorable de notre pays, dont nous sommes tous et toutes conscient(e)s. Parlons de la perte que représente ma mère pour la Tunisie. Je peux vous dire que j'ai été à ces côtés pendant ces 3 dernières années, que je l'ai suivi de près , et que ce n'est pas à moi de témoigner de ses nombreux succès dans tout ce qu'elle entreprend, mais plutôt à ceux qui l'ont côtoyé, à ceux qui l'ont accompagné. Contrairement a ce que vous pouvez croire, je ne peux témoigner que de ma fierté et de ma quiétude, parce que nous y sommes. C'EST LE DÉBUT DE LA FIN.
Ma mère est l'archétype de la femme Tunisienne, à la fois douce et exigeante, persévérante et optimiste, bienveillante et pleine d'empathie.

Chiraz Latiri et Tunisie, je ne cesserais d'être FIER de vous, quoiqu'il se passe.

A toutes les personnes qui ont accompagné ma mère pendant ces trois belles années : Dorra Bouchoucha, Sophie Renaud, Ines Lamti, Olivier Poivre d'Arvor, Issam Majdoub, Azza Chaabouni, Кари Эм, Sawssen Saya, Imed Marzouk, Lina Chaabane, Nidhal Guiga BC, Tarek Ben, Feu Nejib Ayed, et j'en passe.. VOUS ÊTES INCROYABLEMENT CHANCEUX.