Publié le 01-04-2012

Les salafistes profanent le mausolée de Sidi Ahmed Assila au Bardo

Les salafistes ont frappé de nouveau, jeudi après-midi, après l’inhumation du père du salafiste Yacine Bdioui, celui qui a retiré le drapeau national à la faculté des Lettres de La Manouba. Ils étaient près de 600 barbus arborant la tenue salafiste à s’attaquer au mausolée de Sidi Ahmed Assila El Gharbi au Bardo, situé au cimetière portant le même nom, au mausolée de Sidi Ahmed Zaier, ainsi qu’à la tombe de Sidi Abbès.



Les salafistes profanent le mausolée de Sidi Ahmed Assila au Bardo

Selon les témoignages recueillis auprès des citoyens habitant dans le voisinage du cimetière, se disant pour la plupart être les descendants de Sidi Ahmed Assila El Gharbi et ayant assisté impuissants à la razzia salafiste, «les profanateurs considèrent que l’existence des tombes et mausolées des trois marabouts est contraire à l’Islam et il est temps de les détruire».


Béchir El Gharbi, fonctionnaire ayant suivi impuissant comme les autres, souligne-t-il, la “ghazoua” salafiste, relève que, «les quelques policiers qui étaient présents lors des événements n’ont pas levé le petit doigt, arguant du fait qu’ils n’ont pas reçu d’instructions pour le faire. Nous savons qu’ils étaient des centaines à assister à l’enterrement du père de Yacine Bdioui afin de le protéger contre une éventuelle arrestation de la part des policiers présents au cimetière Sidi Assila. Ils étaient armés d’épées, de gourdins et d’armes blanches et personne parmi les habitants du quartier ne pouvait s’opposer à eux ou même essayer de les raisonner».

«Même les photos qui ornaient les deux mausolées ont été enlevées et confisquées par les assaillants, alors que le tombeau (en bois) a été jeté par terre, et ce sont les jeunes du quartier qui l’ont ramassé pour le remettre à sa place initiale», poursuit-il.


Il est à préciser que le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tunis a visité le cimetière Sidi Assila et a pris connaissance des dégâts causés par les salafistes. Le chef du district de la police du Bardo qui l’accompagnait s’est contenté de répondre aux protestations des habitants du quartier en répétant qu’il n’a pas reçu d’instructions pour arrêter les assaillants.


Une précision, enfin, les salafistes ont laissé derrière eux, sur la devanture du mausolée de Sidi Ahmed Ezzaier, leur signature : «la jeunesse de l’unicité».


La Presse
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