Publié le 03-07-2019

L’appel de Carthage au G7 : Où sont les 25 milliards de $ ?

Une consultation a été engagée auprès de l’ancien Premier Ministre français Dominique de Villepin, par le Président-Exécutif du «G7 Circle for Tunisia» Ghazi Mabrouk depuis le 12 décembre dernier à Paris, à l’occasion d’un déjeuner de travail consacré au prochain Sommet du G7 qui se tiendra le 25 août de cette année sous présidence française à Biarritz.



L’appel de Carthage au G7 : Où sont les 25 milliards de $ ?

L’ancien Premier Ministre français a été invité à apporter son soutien aux démarches engagées par le «G7 Circle for Tunisia» auprès des Chefs d’Etats du G7, en faveur de la Tunisie.

Rappelons que l’ancien Premier Ministre avait fait une déclaration, à sa sortie de l’audience que lui avait accordé en son temps le Chef de l’Etat tunisien au Palais de Carthage, exhortant les pays membres du G7 à «concrétiser leurs promesses proclamées au Sommet du G8 de Deauville de juin 2011 et notamment leur engagement financier», à hauteur des 25 milliards de $ annoncés sur cinq ans en faveur de la Tunisie.

Un manuscrit a été élaboré en juin 2019 à l’initiative du Président-Exécutif du «G7 Circle for Tunisia», sous forme d’un parchemin intitulé «L’Appel de Carthage», dans la perspective du Sommet du G7 de Biarritz d’août 2019.

Ce parchemin devait être présenté par le Groupe d’Études G7 qui avait été constitué à cet effet, et ce lors d’une audience du Chef de l’État tunisien au Palais de Carthage.

Initialement programmée pour le jeudi 27 juin dernier, l’audience présidentielle a été différée du fait de l’hospitalisation du Président Béji Caïd Essebsi.

Cet Appel au Président de la République tunisienne sera suivi de la remise par le Président-Exécutif du «G7 Circle for Tunisia», ce mois-ci, d’un exemplaire original du même parchemin «L’Appel de Carthage» au Président de la République française, qui présidera le Sommet du G7 à Biarritz en 2019.

SOMMET DE BIARRITZ 25 Août 2019 G7 TUNISIA

« L’APPEL DE CARTHAGE »

LE CERCLE DIPLOMATIQUE ET LE GROUPE D’ETUDE «G7 FOR TUNISIA»

I - RAPPELLENT 

Que le Sommet du G7 de Deauville de juin 2011 s’était engagé à un appui financier conséquent à la Tunisie, «en soutien à son développement économique dans le cadre de sa transition démocratique» amorcée en janvier 2011.

Que les promesses financières du Sommet du G7 de Deauville de juin 2011 à la Tunisie, devaient s’étaler «sur une période de 5 années consécutives».

Que la Tunisie a bien mis en œuvre son processus démocratique, de manière officielle et ostensible depuis cette date.

Que la Tunisie a officiellement accepté le 21 juin 2016 le «lancement d’un mécanisme de coopération économique entre la Tunisie et les Etats membres du G7».

Que la Tunisie a officiellement entériné le 21 juin 2016 le caractère exceptionnel de ce mécanisme «qui a pour objectif la mobilisation exceptionnelle des pays du G7 pour promouvoir l’économie tunisienne».

Que la Tunisie a officiellement spécifié le 21 juin 2016 que «ce mécanisme devra permettre de bénéficier de mesures, à titre exceptionnel et hors des procédures ordinaires, pour la redynamisation de l’économie tunisienne».

Que les Ambassadeurs de pays membres du G7, réunis le 21 juin 2016 à Tunis, ont réaffirmé «la volonté de soutien à l’expérience tunisienne, par leurs Etats respectifs».

II - CONSTATENT

L’absence de création par les Etats membres du G7, depuis le Sommet de Deauville de 2011 et à ce jour, d’un Fonds de financement spécifique aux engagements et aux promesses en faveur de la Tunisie.

Que l’approche du dossier tunisien n’a pas été globalisée par les Etats membres du G7, mais est restée du domaine du bilatéral.

Que la récente Déclaration Officielle des Ministres des Affaires Etrangères des pays membres du G7, le 6 avril 2019 à Dinard en France, confirme cette orientation, dont ils «se félicitent, en qualifiant de considérables les résultats obtenus par la transformation du Partenariat du G7 de Deauville en mécanisme de coordination locale avec les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient».

Que la récente Déclaration Officielle des Ministres des Affaires Etrangères des pays membres du G7, le 6 avril 2019 à Dinard en France, ne fait pas allusion de manière nominative à un traitement exceptionnel de la Tunisie.

Que la récente Déclaration Officielle des Ministres des Affaires Etrangères des pays membres du G7, le 6 avril 2019 à Dinard en France, «invite la Société Civile également à jouer un rôle» à cet effet.

III - APPELLENT

A la création effective par le G7 d’un mécanisme conjoint de suivi et de mise en œuvre des promesses du Sommet de Deauville de 2011, groupant des représentants de la Tunisie et des pays membres du G7.

Au soutien des pays membres du G7 au Gouvernement tunisien, afin de constituer un groupe de contact interface, entre l’exécutif tunisien et les Etats membres du G7.

Les pays membres du G7 à mandater auprès de la Tunisie un Sherpa, spécifiquement en charge de la coordination des décisions proclamées aux différents Sommets du G7.

Le Gouvernement tunisien à mandater également de son côté un Sherpa auprès des pays membres du G7, spécifiquement en charge de la coordination des décisions proclamées aux différents Sommets du G7.

Le G7 à accompagner le Gouvernement tunisien, pour la création d’un «Fonds Souverain Stratégique Global de Financement et de Développement en faveur de la Tunisie».

Le Gouvernement tunisien à créer une Plateforme de Public-Affairs internationale en faveur de la Tunisie.
 

IV - SOLLICITENT

De Monsieur le Président de la République tunisienne son Haut-Patronage et son appui à l’engagement des initiateurs du présent «Appel de Carthage», issus de la Société Civile tunisienne.

De Monsieur le Président de la République française, en sa qualité de Président du Sommet du G7 de 2019 à Biarritz, l’affirmation et la prise en compte dans cette enceinte du «caractère exceptionnel» que constitue la Tunisie, tel que souligné par des déclarations officielles des Ministres des Affaires Etrangères et celles des Représentants des pays membres du G7, en faveur de la Tunisie.

De Monsieur le Président de la République française d’appeler ses homologues, en sa qualité de Président du Sommet du G7 de 2019 à Biarritz, au respect des promesses du Sommet du G7 de Deauville de 2011 en faveur de la Tunisie.

DEAUVILLE…REMEMBER ! 

Sachant les spécificités relatives à la situation économique et politique générale que vit la Tunisie, et par-delà «L’Appel de Carthage» aux Présidents de République de Tunisie et de la France, Ghazi Mabrouk a indiqué les grandes perspectives que l’initiative ouvrirait en faveur de la Tunisie, sur la base des 4 conclusions suivantes, car «La Tunisie a besoin de souffler !»

• La création d’un Fonds Stratégique Global en faveur de la Tunisie, réceptacle de la réactivation d’un «Plan Marshall» du G7.

• La mise en place d’un moratoire de suspension du remboursement de la dette extérieure de la Tunisie, en principal et en intérêts, pour une période de trois années.

• La mobilisation de Fonds Souverains amis d’Europe du Nord, d’Asie Centrale et du Moyen-Orient en faveur de la Tunisie, les Sovereign Wealth Funds.

• L’engagement d’une politique de Grands Travaux dans l’ensemble du pays.

La teneur du message «L’Appel de Carthage» s’articule autour d’un prolongement, autour de ces quatre points.

Pour ce faire, il serait constitué un Collège de hautes personnalités, dont la Présidence d’Honneur pour la partie internationale a été soumise par Ghazi Mabrouk au grand ami de la Tunisie qu’est l’ancien Premier Ministre français Dominique de Villepin. L’ancien Ministre des Finances Jaloul Ayed et Sherpa de la Tunisie au G8 de Deauville de juin 2011, a été approché pour en assurer la coprésidence pour la partie tunisienne. Le Président de l’Association d’Amitié Tuniso-Américaine Mourad Ayachi et le Cercle Diplomatique de Tunis en assureraient le Secrétariat Général. La Présidence-Exécutive continuera à être confiée à Ghazi Mabrouk. Une Task Force Tunisie d’intervenants sera mise en place, afin d’être opérationnelle à l’issue du Sommet du G7 de Biarritz.

S’agissant du moratoire de la dette extérieure, en l’état actuel de l’économie et des finances de la Tunisie, il conviendrait qu’un groupe ad-hoc des représentants des institutions et pays créanciers de la Tunisie, soit constitué. Avec pour objectif de déterminer la faisabilité d’un moratoire de suspension du remboursement de la dette extérieure de la Tunisie, pour une période de trois années. Ceci pouvant contribuer à permettre à l’économie de reprendre ses activités et au budget de l’Etat de s’orienter vers des Grands Travaux et des investissements publics/privés en matière agricole, industrielle, technologique et touristique, avec l’appui des Sovereign Wealth Funds. Ce moratoire devant être consensuel et concerner aussi bien le principal que les intérêts. La reprise et l’assainissement du système économique permettraient d’assurer une remise à niveau rapide de la Tunisie, au plan financier et international.

A contrario, une politique d’austérité et l’endettement continu sur les marchés financiers traditionnels risqueraient de peser lourdement sur la croissance et, par là même, sur la création d’emplois qui constituent une revendication sociale des régions défavorisées.

Il est souligné que la réunion «G7 Circle for Tunisia» avec des dirigeants de 7 grands groupes de public-affairs et de lobbying le 25 avril 2014 à Paris, avait déjà mis en exergue : 1 - La faible maitrise des «Sovereign Wealth Funds» de la part de la Tunisie. 2 - La fragilité conceptuelle, imaginative et opérationnelle de sa diplomatie économique actuelle. 3 - Le stop and go perpétuel des engagements respectifs de la Tunisie et de l’Union européenne. 4 - l’absence du large soutien escompté de la part des pays arabes.

Au cours de cette réunion l’accent avait été mis sur la nécessité que «le gouvernement tunisien soit soutenu» et il avait été considéré «du devoir de chaque citoyen tunisien et de chaque ami de la Tunisie de prendre l’initiative et d’apporter son concours au succès des efforts économiques et sociaux qui sont entrepris par la Tunisie, en cette phase cruciale pour le pays»