Un tapis rouge s’est étalé sur les marches du théâtre municipal hier, le dimanche 6 décembre 2009, pour accueillir les invités de la soirée destinée à « 10 courts pour une cause ». Un tapis rouge pour la dimension festival de cinéma mais aussi pour la couleur du sang, de la vie et du don d’organes. Une cause qui a inspiré l’événement organisé par l’Association Tunisienne de Sensibilisation au Don d'Organes (ASTADO) et Infinity Solutions, rendu possible par l’effort de Ibrahim Letaief, de 10 jeunes réalisateurs et une équipe technique.
Le fruit de cet effort a été présenté au public lors d’une soirée chargée d’émotions. Animée par Mohamed Ali Ben Jemaâ et Myriam Ben Mami, elle même actrice dans l’un des films, la soirée a été entamée par un rappel du concept de 10 courts pour une cause ponctué par les mots de Ibrahim Letaief et de Madame Mylène Ben Hmida, présidente du jury (aux côtés de Abdelkarim Gabous, Asma Drissi, Khemaies Khayati, Salma baccar et Amel Chahed) et membre de l’ASTADO. Puis, la scène a été évacuée au profit de l’écran sur lequel ont défié les 10 courts-métrages.
10 courts pour une cause plus ou moins gagnée
« Min beb el beb » de Hind Megdich, «Et si je l’avais fait » de Rym Hadded, « …Et j’attends » de Shedya El Oueslati, Lys de Slim Damak, « Ali weld soltana » de Rafik Omrani « Al akal zina » de Souhail Ben Hamida, « Liste d’attente » de Dorsaf Zouari, « R » de Sabry Baoueb, « Grand cœur, petit cœur coup de cœur » de Majdi Lakhdar et « Le voleur de fruits » de Montassar Lassoued sont les 10 films/ jeunes réalisateurs qui ont essayé d’approcher le don d’organes à leurs façons. Cela a abouti sur différentes approches du sujet abordé en le pointant directement du doigt ou en essayant de construire un schéma cinématographique autour. Certains ont choisi de s’inspirer de films connus et de s’y référer (good bye Lenin et intervention divine), d’autres ont viré plutôt vers le spot de sensibilisation dans le fond et dans la forme.
En voyant certains de ces films, on se demande si les jeunes réalisateurs ont effectué des recherches sur le don d’organes avant de s’exprimer dessus. L’on se demande également comment un seul générique, équivalent à une seule équipe technique a abouti sur des travaux aussi divergents en qualité car la diversité qui en émane n’est que le résultat de 10 regards différents. Le plus important est que « 10 courts pour une cause » a donné à l’ASTADO la possibilité de relayer le message sur le don d’organes et aux jeunes réalisateurs la possibilité de faire des exercices de cinéma sur le don d’organes. Tous les courts-métrages relèvent de l’exercice et c’est le concept même, à l’exception peut être de "Ali Weld Soltana" de Rafik Omrani, notre coup de cœur. C’est sans doute le meilleur scénario parmi tous et le projet le plus mûr et le plus touchant. Dommage qu’il ait été maltraité côté montage et mixage. Chose qui l’a probablement empêchée d’obtenir un prix.
Le palmarès
Le jury a déclaré s’être basé sur trois principaux critères : la vision artistique, la qualité technique et le degré de réussite dans la représentation du don d’organes. Sur cette base, 4 prix ont été décernés :
Le premier prix : Cœur de diamant : « Grand cœur, petit cœur coup de cœur » de Majdi Lakhdar
Le deuxième prix : Cœur de cristal : « Lys » de Slim Damak
Le troisième prix : Cœur de cristal : « Le voleur de fruits » de Montassar Lassoued
Prix spécial du jury : « Liste d’attente » de Dorsaf Zouari
Ainsi, le rideau est tombé sur la première édition du festival « 10 courts pour une cause ». Mais la cause, elle, continue car le don d’organes est encore loin d’être un pari gagné en Tunisie. C’est d’ailleurs pour ça que "10 courts pour une cause" existe. Il faudra, pour que ce soit plus efficace, que les films puissent être vus partout et par un plus large public. Avis aux concernés !
Narjes


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